AFFAIRES. Samuel Pépin et Kim Proteau, propriétaires de La Grille Country à Saint-Prosper, forment également un couple. Ils ont raconté leur parcours en affaires le 9 octobre à même ce commerce, lors d’une conférence Rendez-vous Desjardins en partenariat avec la MRC des Etchemins.

Ensemble, Kim Proteau et Samuel Pépin possèdent l’équivalent de quatre entreprises et neuf succursales. (Photo L’Éclaireur Progrès – Frédéric Desjardins)
Avant de racheter La Grille en 2026, Samuel et Kim connaissent très bien le milieu entrepreneurial. Samuel Pépin a racheté La Pralinière de Lac-Etchemin en 2015. Concevant des chocolats artisanaux et gourmandises, en plus d’avoir un volet crèmerie, l’entreprise a ouvert des succursales à Saint-Prosper, Saint-Georges (deux) et Notre-Dame-des-Pins entre 2017 et 2022. L’an dernier, La Pralinière acquérait le Frisson, un bar laitier à Saint-Gervais.
« Très tôt, j’ai su que je voulais être entrepreneur. Ça a commencé dès l’âge de huit ans, quand je cueillais des fruits pour les vendre en porte-à-porte. J’ai fondé une fraisière à Saint-Benjamin [Benjafraises, ouvert de 2013 à 2020]. C’était un domaine [agriculture] très intense, mais avec une clientèle fidèle », dit M. Pépin, qui promeut aussi la vente en ligne via sa chocolaterie.
Kim Proteau est opticienne-propriétaire de la lunetterie Aux Barniques du Coin avec son amie Alexandra Gilbert. Le duo opère une succursale à Saint-Georges depuis 2018, Aux Barniques du Coin ayant ouvert un deuxième emplacement ce printemps à Thetford Mines.
« Je suis retournée aux études pour devenir opticienne. Dans ma première carrière, j’ai longtemps travaillé dans la restauration, sur le plancher et en gestion, dans divers endroits. En reprenant La Grille, on voulait garder l’essence de l’endroit, en y ajoutant une twist country en hommage à Nashville en Beauce et aux nombreuses écuries dans la région », mentionne Mme Proteau.
Le coeur d’un village
Dans les petites municipalités, le restaurant représente un lieu central de rassemblement, au même titre qu’un centre communautaire, un aréna ou même une église. La fermeture de La Grille en juillet 2025, après 52 ans d’activité, laissait un vide au centre de Saint-Prosper.
« On aime saisir les opportunités. Lancer un restaurant, c’est un très grand défi. Notre notoriété [avec nos entreprises actuelles] facilitait l’obtention du financement nécessaire. En plus, on avait la pression de reprendre une institution à Saint-Prosper. Comme ça a été fermé pendant près d’un an, on a évité certaines comparaisons », explique Samuel Pépin.
Conciliation travail-famille
Samuel Pépin et Kim Proteau résident à Saint-Benjamin avec leurs trois enfants âgés de six à dix ans. Les spectateurs à la conférence s’étonnaient de leur capacité à concilier leurs entreprises et la gestion d’une famille en bas âge. Il n’existe pas, selon Mme Proteau, une formule magique pour réussir ce mélange.
« En amour comme en amitié, on doit connaître les forces et faiblesses de l’autre et se préparer à un [éventuel] divorce. Nous deux, on est toujours optimiste et on fonce dans la vie. Ce sont nos personnalités », indique celle-ci.
Pour Samuel Pépin, compter sur des employés fiables est un atout important. « On ne se déplace pas personnellement, chaque jour, d’un commerce à l’autre. Nous sommes chanceux d’avoir des employés dévoués », rappelle-t-il, ajoutant que le tracé d’une entreprise n’est jamais balisé, au grand plaisir de ce couple carburant aux défis quotidiens.

La Grille, c’est plus d’un demi-siècle d’histoire à Saint-Prosper (photo Facebook – La Grille Country)
Source : Frederic Desjardins, L’Éclaireur Progrès, 9 octobre 2026
