COMMUNAUTAIRE. La hausse des signalements à la protection de la jeunesse dans Bellechasse et Les Etchemins ne surprend pas uniquement la directrice régionale de la DPJ, Caroline Brown, qui livrait récemment les chiffres au journal, la démographie pouvant représenter un facteur, estiment d’autres personnes.

Josée Panneton de l’organisme Parentaime n’est pas surprise de la hausse des signalements en protection de la jeunesse dans Les Etchemins. (Photo La Voix du Sud – Éric Gourde)
Mise au fait que la région des Etchemins fait l’objet d’une hausse des signalements en protection de la jeunesse, la directrice générale de Parentaime, Josée Panneton, hésite à voir Les Etchemins comme une exception. « Les gens se connaissent ici et nous sommes préoccupés par nos enfants. La famille est toujours au cœur de nos décisions, alors on ne peut laisser un enfant aller sans lever le petit doigt. Les gens d’ici ne se mêlent pas de leurs affaires et c’est très bien comme ça », résume-t-elle.
Elle avoue que le nombre d’accompagnements de la Maison de la Famille régionale peut varier, tout comme la durée des interventions, selon les cas. « Ce n’est pas si différent d’ailleurs, sauf que les signalements sont peut-être plus évidents. Quand une famille vient ici, nous la prenons comme elle est et la menons où elle veut aller. Ce sont souvent de très bons parents. La pauvreté n’est pas seulement financière et nous sommes là pour ça. Quand nous voyons des choses, nous faisons de l’enseignement. »
Elle cite en exemple le projet de la Forêt enchantée qui a illustré certains besoins pour certaines familles. « Pour les enfants, c’est d’être loin des écrans et, pour les parents, c’est de redécouvrir le plaisir de jouer avec son enfant parce que quand tu vas là, tu ne peux être sur ton cellulaire, il y a trop de choses à voir », selon Josée Panneton.
Contexte difficile
L’expression qui dit que le communautaire est à boutte a repris ses lettres de noblesse, au cours des derniers jours. Josée Panneton avoue devoir elle aussi composer avec des ressources limitées, ce qui limite ses possibilités d’offrir des services dans ce contexte.
« Nous sommes à boutte, c’est évident. J’ai énormément de redditions de comptes à faire, uniquement pour garantir un certain nombre d’heures à des employés, sans pour autant pouvoir donner un temps plein. Uniquement avec le CISSS (Santé-Québec), j’ai cinq redditions de compte, même si nous sommes régies par le ministère de la Famille, alors c’est beaucoup de paperasse, donc beaucoup de temps à ne pas faire autre chose. »
Elle estime que son organisation ratisse peut-être un peu large, mais illustre sa mission d’avoir un milieu de vie pour permettre aux parents de trouver leurs repères et jouer leur rôle de parent. Ces repères se sont effacés pendant la période de la Covid-19, observe-t-elle.
« Les quatre années de la pandémie ont coupé tout lien avec la famille et nos jeunesses, qui ont des enfants, ont perdu des occasions de voir comment être parent, d’avoir des exemples à suivre et desquels s’inspirer. C’est là où on essaie de leur redonner des repères à suivre. »
Aujourd’hui, l’organisme Parentaime compte près d’une quinzaine d’employées, mais aucune à temps plein, faute de financement adéquat. Josée Panneton fait valoir que la collaboration entre organismes de charité est heureusement efficace pour combler certaines lacunes.
« C’est une chance qu’on se tient les coudes dans Les Etchemins, entre organismes communautaires, et pouvons répondre aux besoins de familles. Nous ne sommes pas en compétition et ne travaillons pas comme ailleurs. On s’entraide beaucoup. Si une mission ou un besoin ne sont pas bien remplis, on se parle et quelqu’un va s’en charger », résume-t-elle en citant notamment les échanges réguliers avec L’Essentiel, Nouvel Essor et le Groupe Alpha des Etchemins.

