AFFAIRES. Après 51 ans d’existence, une institution bien connue dans le monde commercial de Sainte-Justine, Ameublement Brand Source, fermera officiellement ses portes d’ici la fin de l’année. Au cours de ce dernier demi-siècle, la famille Turcotte s’est bâti une solide réputation qui a franchi l’épreuve du temps et des générations.

Bruno Turcotte dans son magasin, Brand Source Sainte-Justine, qui cessera ses opérations d’ici la fin de 2026, après 51 années d’existence. (Photo La Voix du Sud – Serge Lamontagne)
« Il en est passé du monde ici, des générations de familles et c’est encore le cas aujourd’hui, soutient Charlotte Doyon, employée de l’entreprise. Même encore aujourd’hui, bien des gens qui sont en ville viennent acheter leurs meubles ici. »
Cela fait 36 ans que Bruno Turcotte s’est joint à l’entreprise familiale, ayant alors décidé de vendre son restaurant (L’Incognito) pour soutenir sa mère et son frère Dany, qui s’occupaient du commerce après que son père, qui avait ouvert ce dernier en 1975, fut aux prises avec des problèmes de santé l’obligeant à réduire sensiblement ses activités.
« Ça passe vite, de dire celui qui est propriétaire unique depuis 15 ans. Mon père a fait plein de choses dans la vie avant de se lancer dans le domaine du meuble. Il a fabriqué des armoires, il a vendu des maisons, il était gérant de produits. Il a toujours été dans le commerce, tout comme ma mère, qui a déjà eu un restaurant. On a toujours baigné dans les affaires et on a continué dans la même veine. »
À l’aube de la retraite, Bruno Turcotte est à la tête d’une équipe réduite de quatre personnes. N’ayant pas de relève et avec des employés plus âgés aspirant, eux aussi, à la retraite, l’homme d’affaires souligne qu’il était temps de passer à l’étape suivante.
« On travaille fort avec la livraison, la comptabilité, et tout cela. On a ralenti un peu depuis quelques années, le magasin est ouvert un seul soir (le jeudi) et on ne travaille plus les dimanches, mais il faut être là en tout temps », précise-t-il en rappelant que, pour réussir en affaires, la présence sur le plancher, près des gens, est de la plus grande importance.
« On a été chanceux, on a fait de super bonnes années au fil de ces 51 ans. La pandémie ne nous a pas aidés d’un côté, mais cela m’a permis de me reposer et de refaire le plein d’énergie pour les dernières années que nous venons de passer. On a eu plein d’ouvrage par la suite, heureusement », poursuit-il en mentionnant qu’il s’était donné entre trois et quatre mois pour liquider la marchandise en magasin.
« Quand des entreprises comme la mienne ferment après toutes ces années, il y a la perte d’expertise que cela entraîne qui est difficile. On a eu deux approches, mais ça ne s’est pas concrétisé. Des commerces qui ont duré aussi longtemps, il n’y en a pas beaucoup. Des commerces comme le mien, ça ne se partira pas vraiment dans le coin au cours des prochaines années, car cela nécessite beaucoup d’investissement financier et personnel de la part de l’opérateur. »
Des magasins dans tous les villages
Bruno Turcotte rappelle l’époque, pas si lointaine, où l’on retrouvait des magasins de meubles dans tous les villages, ou presque. « Ils n’étaient pas toujours gros, mais ça marchait quand même. Quand ils ont commencé à fermer, cela nous apportait de l’eau au moulin, car les gens venaient nous voir, ce qui nous a permis d’agrandir avec les années. On a commencé dans le local de l’actuel magasin La Source, puis on a acheté l’ancien théâtre que l’on a commencé à agrandir en 1990, puis en 2000. On a fait notre nom tranquillement et on a mis en place un beau magasin. »
M. Turcotte souligne que l’année 2027 en sera une de repos en ce qui le concerne et qu’ensuite, il regardera ce qu’il fera. Il a mis le bâtiment en vente et souligne que celui-ci offre plusieurs possibilités, pouvant abriter un ou plusieurs commerces ou être transformé en bâtiment résidentiel ou autre.
« Ce furent de très belles années. On a travaillé fort et on a eu beaucoup de plaisir à le faire, même si on ne prenait pas beaucoup de vacances. On a eu du bon personnel, que ce soit sur le plancher de ventes ou à la livraison. »
Source: Serge Lamontagne, La Voix du Sud, le 29 juin 2026
