SANTÉ. Des voix s’élèvent pour la remise en état et pour trouver une vocation au 4e étage du Sanatorium Bégin de Lac-Etchemin, dont les espaces sont inoccupés depuis un certain temps.

Le dernier étage du Sanatorium Bégin à Lac-Etchemin est innoccupé depuis un certain temps. (Photo La Voix du Sud – Serge Lamontagne)
La récente visite du ministre délégué aux régions, Mathieu Lévesque, a permis de remettre le dossier parmi les priorités, a confié au journal le préfet de la MRC des Etchemins, Christian Chabot. « Les élus de Bellechasse et des Etchemins avaient été invités à rencontrer le ministre, mais nous souhaitions profiter de sa visite pour lui faire visiter l’endroit et le sensibiliser. On nous demandait d’identifier les problèmes, mais aussi d’apporter des solutions, ce que nous avons fait », résume-t-il.
La mairesse de Lac-Etchemin, Joan Gagnon, a réalisé plusieurs démarches, dans les jours précédents la visite, pour assurer un accès au 4e étage de l’établissement. « Avec l’arrivée d’un nouveau PDG au CISSS (Marco Bélanger), on souhaitait faire une visite de l’étage et la visite du ministre est devenue une belle opportunité. C’est pourquoi nous avons pu remodeler l’horaire de la visite du ministre pour le faire. »
Selon M. Chabot, Santé-Québec Chaudière-Appalaches (autrefois le CISSS) se rabat toujours sur les mêmes arguments pour expliquer les pertes de services qui se produisent dans la région. « Selon ce que l’on nous dit, un investissement de 4 à 5 M$ serait nécessaire pour remettre cet espace aux normes, avec le giclage, les terrasses, les chambres et le reste, surtout du côté du 4B où il y aurait des changements à faire. Je vais peut-être paraitre hautain, mais lorsque l’on compare ça avec le 1 M$/la porte dans les nouvelles maisons des aînés, c’est des peanuts. On nous sort ensuite le lapin du manque de main-d’œuvre », indique-t-il.
Pour lui, le privé pourrait assurément être mis à contribution, si l’organisme public n’a pas d’intérêt. « Un projet de RPA privée pourrait-il permettre une ouverture et occuper ces espaces ? On nous dit que oui et qu’un promoteur s’était manifesté dans le passé, mais la chose a avorté », rappelle-t-il.
La MRC des Etchemins, via son comité de vigilance, a demandé une rencontre avec la nouvelle direction de l’organisation en juin dernier pour ensuite vivre une certaine déception. « Nous les avons rencontrés la journée où nous avons appris qu’il y avait coupures de trois postes de physiothérapie au centre de santé. Nous venions de nous serrer la main après nous être fait dire qu’il n’y avait pas de perte de services chez nous. Le surlendemain, nous avons eu une rencontre virtuelle à peu près inutile », résume M. Chabot.
Ces différentes situations font que la mairesse Gagnon et M. Chabot décèlent un manque de volonté chez Santé-Québec Chaudière-Appalaches de travailler au maintien de services dans la région. « Quand on leur demande si nous faisons partie de leur plan triennal, ou si le centre de santé en fait partie, nous ne sommes pas là. Il y a trop de bâtiments et de projets pour ce qu’ils peuvent réaliser, selon leurs dires. Ce n’est pas dans leurs têtes », résument-ils.
Une réplique sans surprise
À Santé-Québec Chaudière-Appalaches, on indique partager l’objectif d’offrir des services de proximité de qualité et de maintenir une équité d’accès aux services sur l’ensemble du territoire de Chaudière-Appalaches, dans la mesure des ressources disponibles. On tient toutefois à rappeler que ces espaces sont fermés depuis plusieurs années.
« Leur réouverture ne nécessite pas uniquement de rendre les locaux disponibles, mais implique des investissements estimés à près de 5 M$ afin de répondre aux normes actuelles et permettre une exploitation sécuritaire des lieux. Plusieurs éléments doivent être pris en considération. On ne veut pas non plus jouer avec la sécurité des utilisateurs de l’étage », précise Dominique Lessard, relationniste pour l’organisation.
Elle poursuit en indiquant que l’organisation est sensible aux situations vécues par certaines familles relativement aux besoins d’hébergement pour les personnes âgées. « Au-delà de la disponibilité des espaces physiques et de lits d’hébergement, la capacité d’offrir des soins et des services sécuritaires repose aussi sur la disponibilité de la main-d’œuvre. Actuellement, les équipes du CHSLD vivent une pénurie importante de personnel depuis plusieurs mois. Le recours à des équipes dites “volantes” ou de remplacement en provenance du siège social de Santé Québec, est nécessaire pour maintenir les services auprès des résidents déjà hébergés », souligne-t-elle.
Elle précise, en terminant, que différentes alternatives ont déjà été évaluées au cours des dernières années pour utiliser ces espaces, sans que cela n’arrive à quelque chose de concret. « Nous demeurons ouverts à analyser toute proposition sérieuse qui pourrait être présentée. Si des partenaires souhaitent relancer une démarche, nos équipes pourront réévaluer les différentes options et les conditions nécessaires à leur réalisation ».
